Au Laos, le café au service des communautés

Dans le nord du Laos, la culture du café conjugue respect de l’environnement et revenus décents pour les agriculteurs. À l’origine de cette évolution, des programmes appuyés par l’Agence française de développement.

Offrant une grande diversité de paysages en mosaïque et de précieuses ressources naturelles, les hautes terres du Laos fournissent aux populations locales leurs moyens de subsistance. Pendant longtemps, on pratiquait l’agriculture itinérante sur abattis-brûlis : la végétation était défrichée et brûlée afin de faire pousser des cultures mono-spécifiques. Puis, après quelques années, les agriculteurs se déplaçaient pour défricher une nouvelle parcelle.

Aujourd’hui, la situation a changé. En cause, la densité des populations tendant à croître, le développement d’agro-industries et d’entreprises d’exploitation, la création de réseaux routiers intégrant la région dans les économies voisines, l’application des principes de la Révolution verte. Ces évolutions ont eu des conséquences environnementales importantes (perte de fertilité des sols, érosion, diminution de la biodiversité, pollution des ressources en eaux…) qui conduisent à un plafonnement, voire même à une chute, des rendements. Dans ce contexte, les modèles alternatifs apparaissent comme une nécessité.

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L’une des solutions ? Le café. En effet, sa culture – introduite dans le pays dans les années 1920 et devenue l’une des trois principales exportations agricoles laotiennes – permet de réduire la pauvreté. La gestion des ressources naturelles peut s’en trouver améliorée dans la mesure où la production suit des normes respectueuses de l’environnement. Pour ce faire, l’Agence française de développement (AFD) soutient la constitution de groupements de producteurs au sein des communautés et leur apporte un appui technique.

L’avenir est dans le café

Financé par l’AFD et mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture et des Forêts du Laos (MAF), le projet Reinforcement & Expansion of the Coffee Sector in Laos (RECoSeL) s’inscrit dans la continuité des actions de la France pour la filière café au Laos depuis plus de vingt ans. S’appuyant sur des opérateurs locaux (services agricoles de l’État, entreprises, organisations non gouvernementales, groupements d’agriculteurs), RECoSeL a lancé 21 sous-projets dans huit provinces. Objectifs : introduire, améliorer ou développer la production de café arabica biologique sous couvert forestier, aider les agriculteurs à s’organiser autour de la transformation du café et de ventes collectives, construire des partenariats avec les acheteurs. Grâce aux liens renforcés avec les torréfacteurs et les cafés locaux, les agriculteurs du nord du pays ont pu bénéficier d’une amélioration des prix.

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De plus, des modèles de commerce équitable ont été testés auprès de plusieurs entreprises. Ainsi, l’entreprise Le Café Mueang Xieng s’est engagée à contribuer à la professionnalisation des groupements de producteurs et aux activités de développement social dans les villages. Elle a aussi accepté de payer le prix fort. Ce modèle, appelé CUP (Coffee from Uplands Partnership Principles), pourrait être déployé dans d’autres régions de manière à servir de référence pour un futur développement commercial responsable dans le Nord. La mise en place de certifications internationales est aussi un moyen d’aider les agriculteurs à cibler les marchés de niche à l’étranger. Ce potentiel de développement du café au nord du Laos repose également sur la valorisation de son caractère unique en termes de qualité intrinsèque.

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Une filière soutenue

Depuis 1998, l’AFD appuie la filière café au Laos à travers plusieurs projets articulés autour de la recherche, du développement des organisations paysannes et de la mise en œuvre des politiques sectorielles. La coopération entre le MAF et l’AFD s’inscrit sur le long terme :

  • Le Projet de développement rural du plateau des Bolovens (PDRPB), entre 1998 et 2002, a permis d’améliorer et d’introduire les techniques de culture de l’arabica ainsi que la promotion de la transformation humide. Cette méthode de transformation post-récolte permet d’obtenir un café de meilleure qualité ;
  • Le Programme de Capitalisation-point d’application Bolovens (PCADR-PAB), de 2005 à 2009, a abouti à la création de l’Association des groupements de producteurs de café du plateau des Bolovens (AGPC) en 2007 regroupant 53 groupements caféiers. Cette initiative a contribué à créer le Conseil du café (CNCL), à mettre en place une unité de transformation du café en grains verts, et à préparer les certifications biologique et commerce équitable pour les membres de l’AGPC ;
  • Le Projet de renforcement des capacités commerciales de la chaîne de valeur café du Plateau des Bolovens (PRCC 2), entre 2010 et 2015, a contribué à la restructuration de l’AGPC en Coopérative de producteurs de café (CPC) en 2014. En 2010, la création de la CNCL est actée par décision du Premier ministre en 2010. Quatre ans après, naît la Stratégie de développement du café lao (LCDS 2025) ;
  • Le Projet de renforcement et d’expansion de la filière café au Laos (RECoSeL), de 2017 à 2021, poursuit le renforcement de la filière café lao afin d’accompagner sa progression vers un café de qualité reconnu sur les marchés régionaux et internationaux. Le projet soutient également le développement du café dans le nord du pays dans le cadre d’une approche de production de café de qualité respectant l’environnement et des pratiques commerciales équitables.

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Le 16 juin dernier, une subvention de 3 millions d’euros a été allouée par la ressource du Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC 6) pour financer le programme de renforcement des capacités commerciales Café Nord Laos (PRCC Café Nord). Un projet supplémentaire visant à pérenniser l’appui français dans la filière café au Laos.

Retrouvez cet article sur le site de l’AFD.

Dernière modification : 30/07/2021

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