L’Ambassade célèbre la Journée internationale des droits des femmes

Discours de S.E. Mme Claudine Ledoux, Ambassadrice de France en RDP Lao
à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes
Jeudi 9 mars 2017 (17h – 19h)
Résidence de France

Nous sommes ce soir réunis à l’occasion de cette célébration étonnante qu’est la journée de la femme.

Cette journée est étonnante, car à ma connaissance il n’y a pas de journée de l’homme.

Mais si elle existe toujours, c’est que cette manifestation, initiée au début du siècle dernier pour affirmer la nécessité de défendre les droit des femmes a toujours autant de sens et que malheureusement, aujourd’hui, en 2017, les droits des femmes ont toujours besoins d’être revendiqués, défendus…

Certes, nous avons progressé, car, et c’est important de le rappeler, il y a peu de temps encore en France, comme la plupart des continents, les femmes n’avaient pas le droit d’avoir de compte en banque, n’avaient pas le droit de voter, et n’avaient même pas le droit de s’inscrire à l’Université sans l’accord de leur père ou époux.

Il reste aujourd’hui encore trop de cas où les femmes sont victimes de mariages forcés, de violences, sont parfois réduites à la condition d’objets de trafic. Je parlais encore ce matin à l’Institut français des violences faites aux femmes et je rappelais la dure réalité. En France, aujourd’hui, on estime que 50.000 femmes par an sont victimes de violences morales, psychologiques, physiques. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Ces chiffres ne peuvent que nous interpeler.

Aussi, j’ai souhaité que mes équipes, qui sont largement composées de femmes, portent une attention toute particulière à ces sujets.

Notre ambassade ici s’attache à défendre ces droits des femmes et pour ces raisons nous avons porté cette année une importance particulière à des associations qui soutiennent les droits des femmes et les projets de développement portés par des femmes.

Nous avons aussi besoin de modèles et d’exemples de femmes qui réussissent, c’est pourquoi il faut les soutenir, les mettre en valeur, autant dans le monde des affaires que dans le milieu sportif ou le milieu culturel.

Je me félicite d’ailleurs que la première femme pilote laotienne, qui travaille à Lao Airlines, ait été formée en France à l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile.
Je me félicite que le premier long métrage laotien ayant bénéficié d’une co-production internationale ait été produit grâce à notre ambassade et notre institut et qu’il soit le projet d’une femme, Mattie Do.

Il y a de nombreuses autres initiatives, je me félicite de l’engagement de certaines de mes jeunes collègues de l’Ambassade aux côtés de la fédération féminine de Rugby.
Les exemples sont nombreux, notamment parmi les médaillés, ces personnes honorées officiellement par l’État français au nombre desquelles nous comptons aujourd’hui des femmes en nombre plus important.

Vous me pardonnerez donc de ne pas citer tout le monde… preuve que les femmes réussissent aussi ; même si nous en sommes toujours à nous rappeler de la première femme Ambassadrice ou de la première femme chef d’état…

Un poète français, Aragon, a dit « la femme est l’avenir de l’homme », et comme le chantait Jean Ferrat, le poète a toujours raison… La femme est l’avenir de l’humanité, elle est surtout l’avenir d’une meilleure humanité. Car c’est en élevant des enfants bien nourris et bien éduqués que nous nous assurons d’un monde meilleur.

La femme est la clé du développement, elle est surtout la clé d’un développement meilleur car partagé, et humain. Et de nombreux cas existent au Laos de femmes, de groupes de femmes, qui font avancer les choses qui nous portent vers un mieux vivre ensemble.

Tout cela est bien mais on doit encore faire mieux… C’est un combat, mais nous ne devons pas nous tromper d’adversaire. C’est pourquoi j’ai souhaité aujourd’hui associer des hommes à cette journée de la femme, car c’est avec les hommes et non contre eux, que nous allons faire évoluer les mentalités.

Je me souviens d’ailleurs d’une magnifique campagne lancée par ONU femmes en 2014 avec l’actrice Emma Watson « HeforShe » ; il s’agissait alors de montrer à quel point les hommes ont leur place dans ce combat.

Car il ne s’agit pas uniquement d’un combat pour les femmes, mais d’un combat pour une humanité plus juste, plus paritaire, plus équitable et donc plus ambitieuse pour le bien être de ceux et celles qui la composent.

Dernière modification : 16/03/2017

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