Symposium de clôture du projet de recherche « Migrations, mobilités et vulnérabilités liées au VIH/IST »

Madame Claudine Ledoux, Ambassadrice de France au Laos a participé, le 19 Juin, à l’ouverture du symposium organisé par l’IRD pour présenter les résultats des travaux de recherche « Migrations, mobilités et vulnérabilités liées au VIH/IST ».

L’étude de l’impact des parcours migratoires sur les vulnérabilités infectieuses au Laos.

Dans un contexte de fort changement social et économique, le Laos connaît un processus rapide de migration des campagnes vers les villes. L’Institut de Recherche pour le développement (IRD) et le centre national pour le VIH/Sida/IST (CHAS) ont mené plusieurs études mesurant l’impact de ces parcours migratoires sur les vulnérabilités infectieuses au Laos.

Un important travail de documentation a été réalisé autour des parcours biographiques des femmes et des hommes (100 participants) qui ont rejoint les zones périurbaines de production industrielle. Ces derniers travaillent généralement dans les usines textiles, les chantiers de construction ou les restaurants. Tout en jouissant d’une autonomie financière et d’une plus grande liberté, leurs expériences de « vie moderne » les confrontent également à de nouvelles formes de vulnérabilité. L’étude épidémiologique a été menée auprès de 664 patients infectés par le VIH (337 femmes) qui suivent un traitement antirétroviral dans 10 centres de traitement antirétroviral dans le pays.

D’après les données récoltées, la population migrante au Laos apparait avoir un accès différé au diagnostic et au traitement du VIH. Par ailleurs les travaux ont souligné la nécessité d’une meilleure compréhension du comportement sexuel et préventif en amont et en aval des processus de migration.

Le Laos connaît un processus rapide de migration des campagnes vers les villes. - PNG

De nombreux acteurs rassemblés

Le symposium a rassemblé, les 19 et 20 Juin, les principaux acteurs en mesure de mener la réflexion sur les politiques et programmes nationaux sur le VIH (associations locales, ONG, instituts de recherche, agence des Nations Unies, Ministère de la santé et le centre national pour le VIH/SIDA/IST, hôpitaux, Université des Sciences de la Santé). Les résultats des 5 études qualitatives et de l’étude épidémiologique leur ont été présentés, ce qui a permis de mettre en avant les besoins d’une population clé peu documentée. Les études se sont principalement intéressées aux migrations, internes et internationales, et leur lien avec l’épidémie du VIH. La hausse de la migration féminine, la vulnérabilité des populations migrantes, la difficulté de l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive et la persistance des discriminations à l’égard des populations atteintes par le VIH-Sida ont été mises en avant.

Les nombreuses réflexions autour du sujet ont mis en évidence l’importance de l’évaluation des besoins du terrain, et de la consolidation des systèmes d’information sur les populations clé et les personnes vivant avec le VIH, afin de pouvoir optimiser la définition des programmes et la prise de décision au sein du Mécanisme de Coordination du Fonds mondial (CCM).

Une initiative soutenue par la France

Soutenu par la France, ces travaux ont été menés dans le cadre du projet de « Promotion des mécanismes de bonne gouvernance au sein du CCM au Laos » mis en œuvre par la Croix Rouge Française, avec un soutien de l’Initiative 5% à hauteur de 690 000€.

Dans son discours, Madame l’Ambassadrice Claudine Ledoux, a salué l’importance cruciale de ce travail : « Les migrations internes et internationales, encore mal documentées au Laos, ont néanmoins d’énormes impacts sur les modes de vie, la circulation des maladies et même l’emploi. Je comprends que le travail présenté au cours de ces deux journées présentera de nouveaux résultats, et mettra en lumière de nombreuses pistes pour guider les services de santé. »

Dernière modification : 05/07/2018

Haut de page